Mercredi 13 septembre 2006
Ce matin, en arrivant au boulot, j'ai cru voir un grand monsieur.
Car, ne l'oublions pas, je suis journaliste. Et les journalistes, en plus d'être tous juifs, francs-maçons, à la solde du pouvoir et idiots, ils sont corporaïte. Ils aiment leur métier, ils aiment leurs confrères, peut-être un peu trop.
Bref. Quelle ne fut pas ma stupeur quand, ce matin, à Concorde, mes yeux encore saouls de sommeils me proposèrent la vision d'un homme bien sous tout rapport, bien habillé, bien peigné, bien sapé, et, malgré mes nombreux clignements de paupières, bel et bien en train de fouiller comme un gros porcos dans une poubelle.
D'abord amusé par cette insolite vision (j'adore le mot "insolite". C'est le mot qu'emploient les parlementaires UMP pour dire "drôle". Sauf que je vous mets au défi de trouver drôle ce que les parlementaires UMP trouvent "insolite"), je tombai, l'instant d'après, instantanément en amour.
Le déchet infect pour lequel l'homme était prêt à mettre en danger son intégrité stylistique n'était autre… qu'un journal !
Je me mis alors en chasse dudit archéologue es rebuts, afin de le féliciter de vive voix pour sa passion de l'actu. Je voulais, surtout, voir le journal qui lui avait valu cette escapade malodorante. Libé ? Le Monde ? L'huma ? À vrai dire, c'eut été, même, l'Obs, voire le Figaro ou Le Point, peu m'eut importé. Je voulais serrer cette main d'or pur souillée d'ordure.
Mais le destin avait décidé de se jouer de moi à nouveau, comme le cancer des testicules se joue d'un acteur porno.
Le journal, c'était Métro. Un putain de gratuit de merde.
Demain, on sera le 14/09, et j'arriverai au boulot (mais sûrement pas en 20 minutes, c'est trop de Sport pour moi, après j'ai l'impression qu'on est Direct le Soir).
Par Maurin
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Ce matin, en arrivant au boulot, je souffre le martyre.
Vous les connaissez, ces petits trucs du quotidien qui n'ont l'air de rien mais qui tuent ?
Non ?
Bon, alors je cite quelques exemples.
- Se cogner le petit orteil sur la table de nuit.
- Passer son doigt sur le rasoir pour le nettoyer (en oubliant qu'un rasoir, ça coupe).
- Se coincer un ongle dans une porte/portière/table à battants/chaise pliante.
- Croquer dans un truc, et y découvrir un autre truc bien plus dur que prévu (sable dans la salade, cartilage dans la viande, etc.).
- Se mordre la langue/l'intérieur des joues/la lèvre.
- Ronger son ongle un peu trop loin.
- Se cogner le nez (ça m'arrive trois fois par jour, je vais finir par croire que c'est vrai que j'ai un gros pif).
- Se coincer le prépuce dans la braguette (désolé les filles, je ne sais pas quel est l'équivalent pour vous, ni même s'il en existe un, et d'ailleurs je ne VEUX PAS le savoir).
- Se brûler la langue avec un café qu'on ne peut pas recracher (ou pire, le recracher, alors qu'on est en réunion, par exemple).
Bref.
Tout cela n'est RIEN, mesdames et messieurs, j'ose le dire. Tout cela n'est rien par rapport au martyre que je souffre, donc, depuis ce matin.
Ce qui m'est arrivé est sale comme une blessure reçue au Vietnam, fourbe comme un assistant parlementaire UMP et purulent comme le recoin intime de Bertha, une ex-connaissance de l'avenue du Peuple Belge, à Lille (ceux qui savent, savent).
Je me suis coupé le bout du doigt avec un carton.
Vous croyez que ça peut passer en accident du travail ?
Demain, on sera le 13/09, et j'arriverai au boulot.
Par Maurin
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Ce matin, en arrivant au boulot, inventons de nouveaux mots.
Sur l'impulsion du pr. Volker S., de l'ARFLF (Académie pour la Révision du Fondement de la Langue Française), qui préconise de remplacer le mot "sodomie" par "pénétrafion", je me permets de proposer à l'Académie la définition "connecfion Internet", qui désigne un dispositif technique permettant à l'utilisateur de se connecter au réseau mondial, mais uniquement les sites de cul.
Toutes les propositions autres seront étudiées.
Demain, on sera le 12/09, et j'arriverai au boulot.
Par Maurin
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Vendredi 8 septembre 2006
Ce matin, en arrivant au boulot, je suis le Taylor des temps modernes.
J'ai décidé d'émettre un manifeste pour une organisation rationnelle du travail.
Non, parce qu'il faut arrêter de déconner, un peu. Qui est efficace le matin ? Vous ? Ha ! Soyez honnête deux minutes : yeux collés, valises, fatigue… Non, ça n'est vraiment pas possible. Je dirais même plus : c'est l'entreprise qui pâtit de votre scandaleuse incompétence, à vous payer le matin alors que vous avez la tête dans le cul. Donc il faut abolir le travail le matin.
D'autre part, qui arrive à travailler le vendredi après-midi, avec la perspective du week-end et de sa débauche de loisirs ? Votre cerveau est perturbé par de fugaces visions de foot, de parcs, de mikados du dimanche après midi avec la belle-mère. Encore une fois, vous osez prétendre travailler, et vous rapinez ainsi les deniers de l'entité qui vous nourrit. Non, non, et trois fois non : le boulot le vendredi doit immédiatement être abrogé.
C'est bien joli, tout ça, mais ça ne fait plus beaucoup d'heures de travail. C'est pourquoi, selon un ratio productivité/durée, il faut agir sur votre efficacité. Or, honnêtement, à quel moment êtes-vous le plus inventif, le plus audacieux, en un mot : le plus talentueux ? À quel moment les choses qui habituellement vous paraissent impossibles se dessinent soudain avec une cristalline clarté ?
Quand vous êtes devant votre mac ?
Quand vous bossez sous exel ?
Quand vous faites des réunions ?
SÛREMENT PAS !
C'est quand vous rêvez, bien sûr ! Tenez : pas plus tard que cette nuit, j'ai inventé une machine à aspirer les gouttes qui tombent du rouleau quand on peint un plafond, j'ai révolutionné la politique française en coupant l'électricité (les gens sont tellement contents quand elle revient qu'ils votaient tous pour moi), j'ai démasqué le vrai assassin de JFK (un castor albinos) et j'ai fait l'amour comme une bête avec une bombasse absolue disserté autour des conceptions différentielles de l'esthétisme avec une philosophe latino-américaine.
Autant d'idées de génie, de transcendances et d'accidents nocturnes de jaillissements intellectuels que j'aurais pu mettre au service de mon entreprise, eusse je disposé du matériel adéquat.
C'est pourquoi, dorénavant, le travail aura lieu les mardis, mercredis et jeudis, de 14h30 à 17h30, sur des lits de camp, dans des pièces sombres et silencieuses.
Et bientôt, la crise ne sera qu'un mauvais souvenir.
Demain, on sera le 09/09, et ne comptez pas sur moi pour arriver au boulot.
Par Maurin
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Ce matin, en arrivant au boulot, je l'ai mauvaise.
Dans ma boîte aux lettres, il y avait les impôts. Et je leur dois beaucoup, beaucoup d'euros.
« No, that doesn't bother me. But you know what does bother me ? You know what really makes me sick to my stomach ? »
(Au passage, mon respect éternel à celui ou celle qui trouve de quel incroyable album est extraite cette phrase. Et je n'ai pas dit "de quel film", bande de googlizers).
Ce qui me fait chier, donc, c'est que c'est avec mon argent qu'on va payer le fuel des charters d'enfants scolarisés mais sans papiers qui seront expulsés sous peu.
Vous me direz que je suis politiquement correct. Vous me direz que de toute façon, je le paye déjà, ce kerosen, ne serait-ce qu'en achetant le moindre produit soumis à la TVA. Vous me direz que c'est comme ça que fonctionne la démocratie.
Mais vous pourrez toujours gueuler aussi fort que vous voulez, je vous entendrai pas, vu que j'ai pas d'enceintes sur mon ordi. Ha !
Et pis pour faire plus original, mon argent sert aussi à payer les frais de fonctionnement de la place Beauvau. Y compris le papier toilette. Ma thune, putain, Sarko se la fout au cul !
Alors je le dis, et tant pis pour ma carte au PS : A BAS LES IMPÔTS !
Demain, on sera le 08/09, et j'arriverai au boulot.
Par Maurin
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